AYA

Aya, c’est comme ça qu’on appelle communément la liane, Ayahuasca, abuelita.

« T’as déjà pris de l’aya? » Une question simple mais qui porte en elle la charge de tout un processus, tout un état d’esprit.

Plusieurs livres existent sur le sujet, j’en ai lu certains, chacun racontant quelque chose, souvent avec une certaine solennité, selon l’intention d’ouvrir, d’avertir ou de témoigner de sa propre quête, de son parcours initiatique et de comment la vie, l’univers, dieu, les a amenés là où ils sont arrivés, là où ils ont expérimenté, lâché, apprivoisé, rencontré leur âme, leurs démons, leurs égos…et la médecine des plantes. Car généralement, bien des plantes sont utilisés pour constituer le breuvage, selon quel chamane le prépare et l’aya n’est pas la seule plante maîtresse, d’autres rencontres avec d’autres maîtresses font partie du jeu…

Aya, c’est une histoire, un conte façon John Fante ou Bukowski, une vérité sans fard, ou l’Aya danse, accompagne en toile de fond la quête de soi, de son propre pouvoir.
L’aya dans ce récit n’est pas l’héroïne, juste l’un des personnages principaux, l’un des principes, des guides d’une équilibriste acrobate sur le fil de l’existence, chassant les illusions de sa ligne d’horizon, basculant sans arrêt entre terre et ciel, entre soumission et libération, fascination et répulsion, amour et dépendance, jusqu’à trouver les battements de son propre coeur, à jouer la musique de son tambour pour devenir la déesse de son destin, joueuse de rythme, enfant aux pieds nus à la crinière de lionne, conteuse et magicienne tisseuse de cailloux, de parures minérales.

Itana Lakota m’a emportée dans sa jungle, ses déboires, ses prises de conscience, ses pensées crues, sublimées par les mots, porteurs d’une vibration authentique, d’un certain pouvoir.
L’écriture simple, imparfaite et dénuée d’emphase va tout droit et pourtant il y a plusieurs histoires dans l’histoire, plusieurs niveaux de lecture, ou parfois l’aya s’efface derrière la femme en relation à elle, à cet homme qu’elle a choisi pour miroir, pour maître et pour amant, pour un temps. Sans doute que cela change quelque chose vibratoirement, cette écriture féminine, et pourtant j’ai déjà lu d’autres livres écrits par des femmes, où je n’ai pas retrouvé ce côté sauvage de la lilith, cette écriture instinctive, ce regard assumé de folie, de défi, cette magie circulant librement, peut-être que c’est ce que je vois moi dans le miroir, peut-être est-ce quelque chose de moi que j’aime à reconnaître en l’autre, que j’ai encore à assumer. Je ne sais pas, toujours est-il que ce livre m’a inspirée et qu’il fait partie de ceux qui ont une place de choix dans ma bibliothèque et que j’ai envie de vous faire connaître.

Un livre que je vous recommande d’ouvrir, que vous ne pourrez refermer qu’une fois lu, un livre qui parle de la vie, de la relation à soi et pas que d’aya bien que présente, placée à sa juste place il me semble. Puissante, magnifique, divine, pas moins, pas plus que nous-même, qui ne sommes rien et qui faisons pourtant partie de ce tout, capables de nous élever, de plonger au plus profond des ténèbres et d’en sortir vivants, reliés, amoureux, aimés de nous, de la Vie. Un livre de chamane, de sorcière, pour toutes les chamanes et magiciennes qui se cherchent, qui aimeraient oser.

Osez!