La spiritualité, c’est gratuit?

« Un don, ça ne se monnaye pas, ça doit être gratuit », c’est quelque chose que je lis de temps à autre en me baladant sur le net et cela me fait un peu sourire, car selon moi, nous sommes typiquement dans le cas de croyances limitantes. Je m’explique :

Lorsque j’étais enfant, j’ai commencé à jouer de l’accordéon. C’est un instrument plutôt difficile à maîtriser, car en plus des touches qu’on ne voit pas, il faut aussi apprendre à gérer son soufflet (l’accordéon est un instrument à vent) selon la phrase musicale et l’intensité des notes que l’on va jouer. Avec le recul, je pense que j’étais vraiment douée. J’avais une belle oreille musicale, je comprenais vite et j’ai pu monter de niveau plus vite que mes camarades ayant commencé en même temps. J’ai même gagné des concours, mon professeur en était fier! Mais, faute de moyens, mes parents n’ont pas renouvelé mes cours et j’ai cessé de jouer pendant quinze ans, sans instrument à disposition. Je m’y suis remise à l’âge de 27 ans, j’ai racheté mon accordéon et j’ai repris quelques cours. Ca a été beaucoup plus laborieux, je n’avais plus la même dextérité, mais aussi bien moins de temps pour m’entraîner, ayant mes enfants à m’occuper.

Pourquoi parler de cette expérience?

Parce que je trouve qu’elle illustre à merveille cette histoire de « don » dont on parle et qui selon certain(es), devrait être gratuit.
En effet, j’ai été voir très récemment un concert de Richard Galliano, , très célèbre accordéoniste, passionné de Bach et l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur accordéoniste au monde, accompagné d’un orchestre philharmonique. J’ai payé ma place à l’entrée, un prix que j’ai trouvé très raisonnable, et j’ai eu droit à un merveilleux spectacle, avec des morceaux joués de manière époustouflante. Tous les musiciens sur scène possédaient un don. Peut-être que comme moi enfant, ils progressaient très vite et se sentaient à l’aise avec leurs instruments. Mais tous, comme moi enfant, ces derniers s’entraînaient, et pour en être arrivés là où ils sont aujourd’hui, ont continué à travailler très dur, se consacrant avec abnégation à leur passion de la musique. Je n’ose imaginer les heures passées à faire des gammes et à répéter leurs morceaux pour arriver à la perfection offerte à leur public.

Pourtant, dès lors qu’il s’agit de spiritualité, de magnétisme, de chamanisme, on se fiche qu’il faille des années d’initiation, de méditation, qu’il faille parfois frôler la mort en voyageant avec des plantes, se protéger et se recharger par de grandes périodes de repos. Pourquoi?  Parce que « s’iel a reçu un don (sous entendu de Dieu), iel doit te soigner gratuitement ». Parce que Dieu n’aime pas l’argent, parce que l’argent c’est humain, c’est moche, ca pue, c’est tout pourri. Sérieusement? Un don, tout le monde en possède un. Certains sont doués pour la cuisine, la mécanique, les chiffres, la biologie, le football, la musique, et d’autres pour communiquer avec leurs guides et transmettre l’énergie qu’ils canalisent. Tous ces dons seraient moins divins que celui de soigner son prochain? Si nous sommes tous issus de la création du Divin, alors absolument TOUT est DIVIN!!
La génétique favorise sans doute l’éveil de certaines qualités plus que d’autres (c’est peut-être aussi pour cela que l’on choisit de s’incarner plutôt dans telle ou telle famille, selon la mission de vie que l’on a choisi de développer), mais comme le disait Ludwig Von Beethoven et d’autres esprits brillants, le génie, c’est 5% de talent et 95% de transpiration, de travail acharné!
Si un athlète mérite d’être reconnu financièrement pour ses performances, une danseuse, un musicien pour leurs talents, pourquoi un(e) chamane ne le pourrait pas? Dès lors qu’il s’agit de spiritualité, quelque chose d’autre se joue…
Vous commencez à réaliser les croyances sous-jacentes derrière une simple phrase? Vous ressentez déjà comment une simple croyance peut bloquer le flux d’énergie de Vie et ainsi venir la conforter, la nourrir pour la perpétuer?

Parlons d’argent maintenant. De cette énergie qui est si mal utilisée par certains qu’on en oublie qu’on a le droit de l’utiliser et de faire des trucs cools avec.

Nous vivons dans un monde, un système où l’échange est matérialisé sous la forme d’argent. Certaines personnes ont compris quels bénéfices elles pouvaient tirer de ce système et vibrent si bien en accord avec lui qu’elles attirent facilement à elle cette abondance matérielle. L’univers ne leur demande pas ce qu’elles feront de leur abondance, de leur argent, il se contente de répondre à leur vibration. Nous ne sommes pas dans le bien ou le mal, juste dans la vibration.  Pourtant, nous voyons bien l’usage qui est fait de cet argent par certains et la façon dont ils cherchent à en capter toujours plus, au détriment d’autres richesses plus spirituelles et de leur ouverture de coeur. Pour autant, est-ce l’argent, qui manque d’ouverture, ou bien les personnes qui utilisent cette énergie pour blesser et causer du tort à autrui? Si ce n’est pas l’argent le responsable, pourquoi considérer que l’argent n’est pas spirituel, mais serait sale et coupable de tous nos maux? Parce qu’il fait partie d’un système que nous détestons, qui nous effraie, nous oppresse? Avons-nous conscience de notre responsabilité dans l’existence de ce système, de notre pouvoir de création? Personnellement et pour rester dans la symbolique, je ne me sens pas l’âme d’un saumon et je préfère me laisser porter par cette rivière que constitue le système en me servant de sa force, de ses courants positifs, de son argent, pour mener à bien mes projets de vie, la mission que je me suis fixé de vivre sur cette planète. C’est un choix que je fais en conscience et qui m’amène à voir quelles sont les peurs et les croyances qui opèrent en moi, celles qui me sont utiles et celles qui me dérangent et dont je n’ai plus besoin.

J’ai donc fait le choix de vivre au présent et de vivre de mes dons. Des dons qui pour être opérationnels aujourd’hui, m’ont demandé de faire un travail sur moi, de passer par tout un cheminement, de compréhension, de lâcher-prise, il fallait que je fasse de l’espace pour que la voix intérieure qui me guide puisse communiquer avec moi. Travailler avec l’énergie demande une présence, physique, énergétique, d’être en bonne santé également. Cela s’apprend grâce à des techniques comme la méditation, mais aussi par l’expérience. On naît tous chamanes et guérisseurs, mais tout le monde n’a pas le goût de la communication, de la pédagogie ou de la transmission. Tout le monde ne souhaite pas écouter, suivre cette voie et plonger en soi pour y découvrir ses sombres facettes, apprendre à les aimer, à les intégrer. Faire preuve d’empathie, écouter l’autre, ça aussi c’est une chose délicate qui demande de se connaître, de se relier à l’autre suffisamment pour comprendre et suffisamment pour être détaché et observateur. En outre, un thérapeute, un chamane ou un magnétiseur est avant tout un humain, un voisin, un ami, qui comme vous a besoin d’un toit sur la tête, de vêtements, de chauffage et aussi de pouvoir s’offrir des loisirs qui le maintiendront en joie et en capacité d’aider. La spiritualité n’est pas une voie hors de la vie, c’est la vie même! Que certaines personnes fassent le choix de se retirer du monde pour prier et méditer, vivre une vie d’ascèse consacrée uniquement à la spiritualité, c’est juste pour elles, mais, tout le monde n’a pas vocation à devenir moine et aider collectivement à notre éveil. Nous avons besoin en tant qu’humains, de contact, de proximité, de chaleur et de parole. Ceci, nous ne pouvons le trouver qu’auprès de gens qui font l’expérience comme nous de la vie en société. Quand je parle de vie en société, je ne parle pas des chamanes qui vivaient bien avant nous dans les villages et étaient des piliers de leur communauté. Ces systèmes étaient justes, valables pour leur époque, et si l’on souhaite entrer dans un jugement de valeur en pensant qu’ils étaient meilleurs qu’aujourd’hui, il peut être intéressant de se demander ce qui nous a amené à créer un autre système et ce que cela peut nous offrir en terme d’expérience et d’apprentissage spirituel…Quoi qu’il en soit c’est une croyance encore répandue et qui parfois est transmise par nos lignées, comme la croyance que l’argent est sale, ou le voeu de pauvreté fait dans nos incarnations passées et qui s’est imprimé dans nos différents corps énergétiques…Cela finit parfois par avoir l’effet de malédictions ou de sortilèges que l’on doit libérer avant de pouvoir comprendre et travailler ce qui vient de soi dans sa vie présente.

Personnellement, j’ai choisi la croyance que j’attire à moi ce que je vibre et vis dans l’ici et maintenant, avec la société d’aujourd’hui, qui nous offre l’abondance, si l’on veut bien l’accueillir, la laisser circuler en nous, sans chercher à la retenir, sans la rejeter non plus. Mais régulièrement je me retrouve à corriger mon vocabulaire qui vibre encore avec des croyances dont je ne veux pas, à utiliser des mots chargés négativement car ils m’ont été transmis et que je les ai intégrés comme miens. Mais c’est en faisant ce genre de choix conscient, en étant attentif à ce qui se passe en nous lorsqu’on formule ces choix, qu’on peut toucher nos peurs et enfin comprendre ce qui se joue en nous…

Qu’est-ce qui nous effraie dans la facilité, dans la fluidité des échanges? Qu’est-ce que représente l’argent pour nous? Que pourrait-on réaliser si on s’ouvrait totalement à cette énergie, au pouvoir de l’abondance?
Réaliser sa puissance de création, réaliser que l’on peut tout faire, cela peut donner le vertige…et c’est aussi réaliser sa responsabilité dans tout ce qui nous arrive, tout ce qui existe autour de nous (je ne parle bien sûr pas de culpabilité, on n’est pas ici dans une notion de bien ou de mal)! Réaliser son pouvoir créateur, c’est retrouver sa maîtrise, devenir un maître pour soi-même. C’est en cela que celui ou celle qui attend de la spiritualité qu’elle soit gratuite, qu’on le soigne, qu’on lui offre toutes les clés gratuitement, est peut-être toujours dans l’attente d’une prise en charge de la part de l’autre. Iel attend qu’on règle ses problèmes à sa place, qu’on vive sa vie à sa place, iel souhaite qu’on lui construise des ponts pour avancer en oublier qu’iel a des ailes pour voler!

Parfois c’est ce qui nous empêche d’investir dans une thérapie, un massage, un soin énergétique qui nous fera du bien, on trouve tout cela trop cher quand on n’hésite pas à se payer un téléphone dernier cri, des cigarettes, des fringues ou des bijoux.
En se disant que c’est trop cher, on verbalise peut être inconsciemment ce que la guérison nous coûte et donc, la responsabilité qui nous incombe d’aller mieux. Peu importe le type de soin, lorsqu’on investit pour soi, on y met du sien. Le refus de payer, de donner de son argent, de son énergie, c’est aussi un moyen de refuser de regarder ce qui se joue, de ne pas faire sa part en se désinvestissant du processus. C’est exactement la même chose lorsqu’une personne paie pour un soin et qu’elle vous le reproche ensuite. En plaçant chacun dans son rôle, celui qui est en demande  se retrouve acteur du moment qu’il s’est offert et donc aussi, face à son consentement. L’argent, comme le troc est aussi un excellent moyen pour affirmer chacun dans son consentement dans un monde où celui-ci est si souvent bafoué et qu’on ne sait plus trop quand et comment identifier son accord ou son désaccord et l’exprimer.

En résumé : l’argent est une énergie liée à l’abondance, une énergie de vie, comme l’est la sexualité (le parallèle me semble intéressant et je pense que chacun en s’interrogeant pourra y trouver des pistes de réflexion). Plusieurs choses peuvent perturber notre rapport à l’argent :

  • Nos croyances limitantes, héritées par nos lignées familiales ou conditionnées par notre environnement, éducation, entourage, culture
  • Nos peurs : liées à nos blessures émotionnelles et à nos traumatismes, nos peurs peuvent mettre des barrières et nous empêcher d’accueillir l’abondance, ou créer des croyances limitantes comme : « je ne mérite pas », « je n’ai pas le droit » etc..
  • La confusion : je parle de confusion pour mettre en lumière le manque de clarté dans nos désirs, besoins, que l’on ne parvient pas toujours à identifier en raison des peurs et des croyances, mais aussi des perturbations causées à notre souveraineté individuelle qui nous ont empêché d’exprimer nos désirs et besoins, souvent depuis l’enfance.

 

Identifier ces blocages, c’est commencer à réaliser le potentiel qui se trouve derrière qui mène à la réalisation de notre pouvoir divin, à l’affirmation de notre souveraineté personnelle et à l’expression de notre créativité illimitée!
A vous thérapeutes qui avez du mal à vous sentir légitimes dans votre demande de paiement pour vos soins, mais aussi à vous, patients qui êtes en demande d’aide et qui vous adressez à un tiers pour vous aider à retrouver votre potentiel, demandez-vous: quel est le prix de la guérison? Quel est le prix de la paix, de la joie, de la sérénité, de la compréhension?

Retrouvez votre juste place, soyez responsable de vous-même! Et si vous êtes dans des difficultés financières, demandez de l’aide, exprimez-vous! Je ne connais personnellement pas de thérapeute qui n’adapte pas ses tarifs aux moyens de ses patients, justement grâce à leur empathie et à leur réelle envie de venir en aide. Combien de supermarchés, de banquiers vous font crédit, ou baissent leurs prix lorsque vos fins de mois sont difficiles?

Alors, on ouvre ses ailes?!!

Bien à vous
Madeleine