Culpabilité et vieux schémas

Qui ne s’est jamais demandé, souvent en réaction à une situation donnée, « mais pourquoi je réagis encore comme ça », ou pourquoi je fais à nouveau ça ou dis cela  ? Moi ça m’arrive encore. De vieux programmes que je pensais disparus ressurgissent, parfois après des années d’absence et génèrent en moi un stress et un sentiment d’échec. L’impression de recommencer un cycle que je croyais terminé me décourage parfois. Pourtant, est-ce si grave ? Non, c’est juste qu’on est tous humains et que les blessures de la vie réactivent parfois des programmes de notre cerveau qui s’étaient mis en sommeil, mais pas totalement effacés. De vieux schémas de fonctionnement qui nous collent à la semelle comme de vieux chewing gums et nous gênent parfois, jusqu’à ce qu’on ait complètement nettoyé nos chaussures. Mais grande est la tentation, surtout quand on fait un travail sur soi, quand on va voir de merveilleuses personnes pour nous aider, nous encourager et qu’on les voit si heureuses et bien dans leurs baskets, de se mettre une pression monstre et d’oublier notre propre nature divine. Oui, nous aussi sommes de merveilleux êtres qui comme ces personnes lumineuses qui nous viennent en aide, viennent sur Terre pour expérimenter, jouer, guérir et apprendre de la matérialité.

Lorsque je fais un soin, je me mets au service de la Création, et à chaque fois, il se produit quelque chose de beau et d’unique. Pourtant, ma perfection d’âme est souvent mise à mal par les programmations de mon cerveau acquises depuis sa construction. J’ai mes propres mémoires à intégrer, mes vulnérabilités à accueillir, à aimer et à laisser partir. Parfois il m’arrive de culpabiliser, pour ce que je ressens comme des fragilités ou des faiblesses, pour toutes ces émotions qui naissent encore en moi et que je ne parviens pas toujours à comprendre, pour toute cette empathie qui fait que je capte la moindre variation d’humeur autour de moi à tel point que j’en oublie parfois que ça ne m’appartient pas et que je le vis comme un drame, jusqu’à ce que je retrouve mon centre et parvienne à définir mes contours. J’ai encore du chemin, de très beaux potentiels à explorer, de jolies plaies à panser, de cicatrices à aimer, comme chacun d’entre nous. Comme les âmes merveilleuses qui croisent mon chemin et m’éblouissent de leur lumière je recèle de trésors, tout comme vous, vous qui vous sentez parfois petit, parfois rien, insignifiante, ou brillante, intelligent mais maladroits, vous qui êtes tous si différentes et qui allez à la rencontre de l’autre qui vous ouvre les portes, vous montre des voies inconnues. Vous, lorsque vous échouez, que vous êtes seul, rejeté et blessé, n’ayez pas honte de qui vous êtes, aimez vos fêlures, aimez vos tentatives ratées, aimez vos réactions protectrices comme vos plus belles qualités car elles sont chacune des parties uniques de votre histoire, des histoires que vous vous êtes fait avec ce que la vie vous a transmis. Aimez vos échecs aussi forts que vos réussites, vos peines autant que vos joies, autant que vous pouvez, car vous êtes tous parfaits, uniques et merveilleuses. Si d’autres personnes réussissent là où vous avez échoué, alors apprenez d’elles, réjouissez-vous pour vous car elles ne sont pas plus capables que vous ! Chaque fois que je me sens coupable de ne pas y arriver, que je me sens seule, incomprise ou désaimée, j’essaie de me rappeler de cet infini possible qui se trouve en moi, de la Source qui vibre en moi, de ce tout qui fait partie de moi et dont je fais partie, et cela m’apaise, m’aide à me définir et réveille mon désir de continuer à être Moi.

Et c’est un peu mon intention aussi lorsque je dispense un soin, aider l’autre à être Lui et à s’accepter pleinement dans son humanité, son parcours et sa singularité.